Pourquoi le Portugal a mérité son Euro

portugal

Les portugais célèbrent leur victoire à l’Euro 2016

Ça y est. Enfin. Après avoir chassé un titre pendant près d’un demi-siècle et une place de troisième au mondial 1966, le Portugal a décroché un trophée. Son trophée. Son Euro 2016. Cristiano Ronaldo et ses compères ont fait ce que certaines générations dorées n’ont jamais réussi, ils sont entrés dans la légende du sport portugais. Quelle injustice cela serait de juger cette victoire imméritée, et ce pour plusieurs raisons.

Car le Portugal vient de (très) loin

Tout commence par une défaite à domicile contre l’Albanie en éliminatoires après le fiasco du mondial 2014. Paulo Bento est limogé et Fernando Santos lui succède. Nombreux sont ceux qui, à ce moment-là, trouvaient plus crédible une non-qualification du Portugal qu’une victoire finale. Les lusitaniens ont lutté afin de décrocher leur billet pour l’Euro : sept victoires (sur sept possibles après la défaite contre l’Albanie), toutes par un but d’écart dont deux avec un but dans le temps additionnel (v. Danemark et Albanie). Fernando Santos n’avait pas le temps, il fallait des résultats immédiats avec des joueurs sur le déclin (Miguel Veloso, Raul Meireles, Helder Postiga) et de très nombreux jeunes qui frappaient à la porte de la Seleção, mais très peu qui s’installaient dans l’équipe.

Car attaquer ne rime pas avec gagner

Après la phase de poules, le Portugal avait le troisième taux de possession de balle le plus élevé du tournoi (61%) et était l’équipe qui avait le plus tiré (69 tirs, 22 cadrés). La sélection rouge et verte a fait le jeu face à des équipes plus faibles qu’elle en tentant de forcer les verrous islandais et autrichiens, mais elle n’a récolté que trois match nuls. Pourquoi le Portugal aurait-il dû s’entêter à jouer un football ultra-offensif si ce dernier ne portait pas ses fruits ? Fernando Santos n’avait qu’un seul objectif : gagner. Son équipe s’est montrée particulièrement pragmatique lors de la phase à élimination directe, a joué de la meilleure des manières pour espérer aller au bout. Cela a marché.

Car défendre est un art

Défendre, ce n’est pas se mettre à onze derrière et essayer de dégager le ballon le plus loin possible. Il s’agit d’anticiper, de travailler en équipe, de gagner des duels, de se montrer plus malin que les attaquants adverses. L’équipe n’a concédé qu’un seul but en phase à élimination directe, notamment grâce à un monstrueux Pepe, meilleur joueur portugais du tournoi et élu homme du match de la finale. Il est aussi à noter les prestations de Jose Fonte, solide dans les duels et rapide pour son gabarit, ainsi que la réponse de Bruno Alves lorsque ce dernier a été appelé à remplacer Pepe en demi-finale, blessé. Également épaulée par des gratteurs de ballons comme William Carvalho ou Danilo, cette équipe a pu compter sur un immense Rui Patricio, auteur de parades décisives en demi-finale comme en finale et qui a sorti un tir au but face à la Pologne pour permettre à Quaresma de qualifier son équipe.

Car Ronaldo, plus qu’un messie

Meilleur buteur de sa sélection en éliminatoires (5 buts), le triple ballon d’or ne pouvait pas réaliser un pire début de compétition. Après de grosses occasions ratées contre l’Islande, le capitaine portugais a tiré un penalty sur le poteau à 10 minutes de la fin du match contre l’Autriche. La réussite est temporaire, mais la classe est permanente. Au match suivant, Ronaldo adresse une passe décisive à Nani avant d’inscrire deux buts fantastiques. CR7 veut faire mieux qu’Eusébio, mieux que Rui Costa, mieux que Luis Figo, il veut ramener un titre à son pays. Il n’hésitera pas à défendre à la 117ème minute contre la Croatie et lancer un contre qui amènera le but de la victoire. Il est celui qui a ordonné à João Moutinho de tirer un tir au but face à la Pologne, motivant ses troupes comme jamais. C’est l’homme qui a ébloui la demi-finale en se moquant des lois de la physique pour marquer un but de la tête à près de 2,50 mètres du sol. C’est aussi un être humain qui s’est effondré en larmes à la 17ème minute face à la France, comprenant que c’était fini pour lui. A ce moment, un papillon de nuit se pose sur son visage, comme pour consoler cet enfant de Madère, archipel situé à 980 kilomètres de Lisbonne, dont le rêve vient d’être brisé. Sans doute aussi était-il envahi par la peur que son équipe n’y arrive pas sans lui, qu’elle échoue sans qu’il ne puisse essayer d’empêcher cela. Mais son attitude sur le banc, notamment pendant les prolongations, est celle d’un leader de vestiaire qui s’est exprimé devant ses coéquipiers à la mi-temps. «Il est fantastique, il a une attitude incroyable. Il nous a dit ‘Je sais que nous allons gagner l’Euro, restez soudés et battez-vous’» a déclaré Cédric Soares, l’arrière droit titulaire en finale. Le buteur et héros de ce match, Eder, lui a rendu un vibrant hommage : «Ronaldo m’a dit que je marquerais le but de la victoire, il m’a donné toute sa force, toute sa conviction, son énergie et ça a été très important». Cristiano Ronaldo est devenu le plus grand portugais de toute l’histoire. Vasco de Gama se contentera désormais de la médaille d’argent.

Car le destin le voulait

L’immense désillusion de tout un peuple en 2004, lorsque la Grèce, sortie de nul part, prive le Portugal de son premier trophée en dépit du fait de jouer à domicile. Le destin voulait que le Portugal soit sacré dans sa deuxième maison, en France. Là où sont nés 3 des 23 champions d’Europe (Guerreiro, Lopes et Adrien). Là où la mère de Ronaldo a travaillé dans sa jeunesse. Là où Eder a évolué lors des six derniers mois. Là où se trouve la plus grande communauté portugaise en Europe. Comme une évidence. Le Portugal qui, à l’image de la Grèce en 2004, prive l’hôte d’un sacre chez lui. Comme si la Seleção avait compris comment gagner l’Euro il y a 12 ans et attendait le moment opportun pour mettre cela en pratique. Après tant de football spectaculaire pratiqué par les lusitaniens, c’est une équipe moins enthousiasmante mais plus efficace qui entre dans l’histoire. Enfin.

Dernier point

Le Portugal mérite son Euro parce que, entre nous, pour perdre 1-0 sur un but d’Eder, c’est qu’on est vraiment très nuls.

Paris SG : bilan de fin de saison et perspectives d’avenir

Le Paris Saint-Germain a, pour la deuxième fois consécutive, démontré son hégémonie sur le territoire français en ratissant les 4 trophées nationaux. L’équipe et ses joueurs battent des records, une légende s’en va, les rumeurs du mercato gonflent et Paris s’arrête encore en quarts de finale de la Ligue des Champions. Alors, cette saison, réussite ou échec ? Dressons un rapide bilan joueur par joueur.

Gardiens

Kevin Trapp 7/10 – Le portier allemand a eu de grandes difficultés à s’adapter à la Ligue 1, un championnat où le gardien du PSG n’a pas grand chose à faire et doit donc aiguiser sa concentration. Malgré des boulettes contre Bordeaux et Lyon, Trapp est sûrement celui qui offre la victoire à Paris contre Marseille au Parc des Princes en arrêtant un penalty. Décisif face à Chelsea, il ne peut rien sur les buts de Manchester City au tour suivant. A part ça, les stats parlent pour lui avec un pourcentage d’arrêts de 80,6% à la date du 25 avril 2016 selon le CIES (http://www.football-observatory.com/IMG/sites/b5wp/2015/147/fr/), un taux supérieur à celui de tous les gardiens des 4 grands championnats européens.

Lire la suite

Man City – PSG : Le 3-5-2 de Laurent Blanc

Le Paris Saint-Germain a échoué pour la quatrième fois de suite en quarts de finale de la Ligue des Champions, face à un adversaire qui ne semblait pourtant pas insurmontable, loin de là. Le PSG a rarement été aussi décevant sur 180 minutes en coupe d’Europe. Après un match nul 2-2 à domicile, rien ne semblait joué tant le PSG avait joué à un niveau inférieur à celui habituel. City avait l’air prenable, mais Paris a livré une prestation pitoyable à l’Etihad Stadium et a perdu 1-0 contre une équipe de City qui n’a jamais montré non plus le visage d’un demi-finaliste de Champion’s League. Un match marqué par le coup tactique tenté par Laurent Blanc en adoptant un système inédit en 3-5-2. Lire la suite

Bilan du Paris Saint-Germain à mi-saison

Le Paris Saint-Germain a conclu ce samedi contre Caen sa première partie de la saison 2015/2016. L’heure est au bilan alors que les joueurs vont pouvoir profiter de quelques jours de vacances, avant de retrouver les terrains le mercredi 30 décembre au Qatar lors d’un match amical face à l’Inter Milan. Qualifié pour les huitièmes de finale de la Ligue des Champions, vainqueur de son unique match de Coupe de la Ligue et leader invaincu de la Ligue 1, le PSG semble être sur la bonne voie pour accomplir une très grande saison. Mais à mi-chemin, quel bilan dresser ? Qui sont les joueurs qui ont surpris, qui ont déçu, qui ont impressionné ? Quelle satisfaction le PSG peut-il tirer de ces 5 premiers mois ? Analyse ligne par ligne et joueur par joueur. Lire la suite

PSG-Barcelone : les clés du match

Mercredi, le FC Barcelone se déplacera au Parc des Princes pour retrouver le PSG. 3ème confrontation entre les deux clubs cette saison, la 5ème en 3 ans. Dans l’ensemble, Barcelone a su se montrer un tout petit peu plus fort, ce trois fois rien qui leur a permis de se qualifier pour les demi-finales il y a 2 ans et de finir 1er du groupe cette saison. Mais après avoir éliminé Chelsea en huitièmes, le PSG semble plus que jamais apte à réaliser l’exploit face aux catalans. Lire la suite

Seleção : 3 mauvais match, 3 victoires

Fernando Santos est-il touché par la grâce ? Après des débuts relativement encourageants contre la France malgré une défaite 2-1, le Portugal a enchaîné 3 mauvais match, certes, mais 3 victoires, dont 2 comptant pour les qualifications de l’Euro 2016. Qu’est-ce qui a bien marché et qu’est-ce qui a moins bien marché ? Qui a marqué des points ? Voyons ça ligne par ligne. Lire la suite

Après Nicosie et avant Bordeaux – A Paris les absents n’ont pas toujours tort

Le Paris Saint-Germain n’est pas un club comme les autres. Pour n’importe quelle équipe, l’Apoel Nicosie ne serait qu’une formalité après avoir battu le Barça, mais pas pour le PSG ! Après une victoire quasiment indiscutable face à un des favoris de la compétition, et ce sans quelques unes de ses stars, le club parisien a dû attendre la 87ème minute face au modeste club chypriote. Victoire rassurante mais prestation inquiétante. Lire la suite

Journalisme sportif : entre mémoire courte et individualisation d’un sport collectif

Le journalisme est un métier qui s’apprend, et je ne prétends en aucun cas pouvoir donner des leçons ou m’y connaître mieux que d’autres, bien qu’il s’agisse du métier que j’espère exercer plus tard. Néanmoins, il y a certains points m’irritent au plus haut point dans le journalisme sportif français : leur impatience qui les poussent à remettre bien trop rapidement certaines choses à mon goût, et la mise en avant d’individualité dans ce sport collectif qu’est le football. Lire la suite

Qu’est-ce qui cloche au PSG ?

Trois match nuls consécutifs. Non, le PSG n’est pas en crise, mais il ne va pas bien. Que ce soit face à Rennes, l’Ajax ou Lyon, Paris ouvre le score, mais à chaque fois il est incapable de tuer le match et se fait rejoindre au score, et à chaque fois il peut quasiment se réjouir d’obtenir un point. Quel est le problème ? Le 4-3-3 est-il épuisé ? Des joueurs en méforme ? Manque de chance ? Ou les trois à la fois ? Lire la suite

Ligue des Champions : Benfica-Zénith, un résultat inattendu

Comme toujours on retrouve le Benfica Lisbonne en phase de poule de Ligue des Champions, le club lisboète n’ayant pas atteint les huitièmes de finale lors des deux dernières saisons mais ayant atteint la finale de l’Europa League (perdue à deux reprises). Étonnamment, le stade est à moitié vide. Incompréhensible pour un club disposant de fantastiques supporters à domicile comme à l’extérieur. Cela dit le manque d’intérêt pour la C1 du côté des supporters benfiquistes ne date pas de cette année, mais passons. Le Benfica aligne la même équipe qui est allé gagner 5-0 à Setubal vendredi, l’équipe-type. En face, 3 anciens du Benfica : Javi Garcia, Witsel et Garay, transféré l’été dernier, mais aussi le capitaine Danny, ancien du Sporting, et Hulk, ancien du FC Porto. Lire la suite