Paris SG : bilan de fin de saison et perspectives d’avenir

Le Paris Saint-Germain a, pour la deuxième fois consécutive, démontré son hégémonie sur le territoire français en ratissant les 4 trophées nationaux. L’équipe et ses joueurs battent des records, une légende s’en va, les rumeurs du mercato gonflent et Paris s’arrête encore en quarts de finale de la Ligue des Champions. Alors, cette saison, réussite ou échec ? Dressons un rapide bilan joueur par joueur.

Gardiens

Kevin Trapp 7/10 – Le portier allemand a eu de grandes difficultés à s’adapter à la Ligue 1, un championnat où le gardien du PSG n’a pas grand chose à faire et doit donc aiguiser sa concentration. Malgré des boulettes contre Bordeaux et Lyon, Trapp est sûrement celui qui offre la victoire à Paris contre Marseille au Parc des Princes en arrêtant un penalty. Décisif face à Chelsea, il ne peut rien sur les buts de Manchester City au tour suivant. A part ça, les stats parlent pour lui avec un pourcentage d’arrêts de 80,6% à la date du 25 avril 2016 selon le CIES (http://www.football-observatory.com/IMG/sites/b5wp/2015/147/fr/), un taux supérieur à celui de tous les gardiens des 4 grands championnats européens.

Salvatore Sirigu 6/10 – Le portier italien n’a eu qu’une dizaine de match à se mettre sous la dent cette saison, mais a fait correctement son travail dans l’ensemble, avec notamment une grosse performance en demi-finale de Coupe de la Ligue face à Lorient.

Nicolas Douchez 6/10 – Fait très bien les omelettes aux lardons.

Défenseurs

Maxwell 6,5/10 – Une bonne saison dans l’ensemble, même si son âge (35 ans en août) se fait parfois sentir non seulement en phase défensive, mais surtout en phase offensive. Avec 3 passes décisives en 41 matchs, Maxwell fait moins bien que Kurzawa et ses 5 passes en 25 matchs.

Layvin Kurzawa 7/10 – L’ancien Monégasque est-il prêt à endosser le rôle de titulaire ? Il est évidemment plus simple de briller face à Troyes ou Lorient qu’en coupe d’Europe, même si le jeune joueur (22 ans) n’est pas encore parfait. La saison prochaine revêtira une importance extrême dans sa carrière au PSG.

Thiago Silva 9/10 – Y a-t-il besoin de commenter la saison incroyable du capitaine ? Quasiment aucune fausse note, un joueur exemplaire, leader de son équipe. Le meilleur parisien de la saison avec Zlatan Ibrahimovic.

David Luiz 7/10 – L’ancien pensionnaire du Benfica a alterné entre le très bon et le ridicule. Souvent impérial dans ses interventions et ses duels, le Brésilien n’arrive pas malgré tout à gommer ses défauts de concentration, voire même de bêtise, comme son match aller raté contre Manchester City où il concède un carton jaune après 16 secondes de jeu, ce qui le prive du match retour.

Marquinhos 7/10 – Plus constant que son comparse chevelu, Marquinhos a profité d’un temps de jeu important en fin de saison au détriment de David Luiz, preuve que le PSG souhaite à tout prix le conserver et lui trouver une place de titulaire méritée. Pas encore du niveau d’un Thiago Silva, Marquinhos n’en reste pas moins proche par son style de jeu, clairement plus rassurant que les folies de David Luiz.

Serge Aurier 7/10 – Auteur d’une première partie de saison excellente, l’Ivoirien n’est jamais parvenu à retrouver son niveau dans les deux mois qui ont suivi l’affaire Périscope. De retour directement contre City, Aurier a aligné deux prestations accablantes. Le départ de Van der Wiel étant synonyme d’une nouvelle concurrence future, Aurier devra repartir à zéro et oublier cette année 2016.

Gregory Van der Wiel 6/10 – Il est à la conclusion du plus beau but de la saison du PSG. Sinon, Rose Bertram va beaucoup nous manquer.

Milieux de terrain

Thiago Motta 6/10 – Il n’a jamais plus été mis en valeur que lorsqu’il était absent. Peut-être aussi à cause d’un remplaçant très moyen. Si son impact semble souvent minime, Paris souffre quasiment à chaque match que l’Italien ne joue pas. Indispensable (faute de mieux ?) même si Blanc semble envisager de faire jouer David Luiz à son poste pour laisser une place de titulaire à Marquinhos.

Marco Verratti 8/10 – Sa présence sur le terrain transforme le Paris Saint-Germain. Son absence a fortement pesé sur la double confrontation contre Manchester City. Il sait récupérer des ballons, les ressortir, il alterne jeu long et jeu court. Un joueur hors norme.

Blaise Matuidi 6/10 – Un début de saison canon, puis un creux qui a duré longtemps. Trop longtemps. Auteur d’un match désastreux au Parc face à City, son absence s’est néanmoins faite sentir sur le retour. Ses capacités à se projeter vers l’avant et à peser dans la surface adverse ont manqué. Matuidi n’en reste pas moins un joueur essentiel et complémentaire au triangle du milieu. Il termine la saison comme il l’a commencée avec un but et une passe décisive en finale de Coupe de France contre Marseille.

Adrien Rabiot 6/10 – Sa grosse prestation à Santiago Bernabeu restera un moment marquant de sa carrière, comme son but à Stamford Bridge. Rabiot a progressé, mais il garde des lacunes trop importantes pour être titulaire à Paris. Ses nombreuses pertes de balle n’ont fait qu’accentuer l’absence de Verratti. Il lui faut franchir un dernier palier pour que sa prochaine saison ne soit pas la dernière au PSG.

Benjamin Stambouli 4/10 – Pour résumer ce qui sépare un joueur moyen d’un joueur de grande classe, on peut prendre l’exemple de Stambouli et Verratti. Stambouli est un joueur qui croit. Il croyait que ça allait passer, il croyait que c’était le bon choix. Verratti, lui, sait. L’ancien Montpelliérain est incapable de réussir 3 passes de suite, d’avoir une influence positive sur le jeu de l’équipe. Ses capacités de récupération compensent une saison médiocre au sein d’une équipe d’un standing peut-être trop haut pour lui.

Javier Pastore 7/10 – En dépit d’une saison tronquée par les blessures, El Flaco a souvent régalé les supporters (et ses partenaires) lorsqu’il était sur la pelouse. Sa créativité et son sens de la bonne passe font toujours aussi mal.

Attaquants

Lucas Moura 6/10 – Des progrès très faibles, une incapacité à s’imposer comme titulaire devant Edinson Cavani. S’il a apporté sa pierre à l’édifice cette saison (13 buts et 5 passes décisives), le Brésilien n’a jamais endossé le rôle du sauveur, du débloqueur de situation. L’unique fois où il donne la victoire à Paris ? Lorsqu’il marque l’unique but lors de la victoire à Lille au cours de la… première journée de Ligue 1.

Edinson Cavani 6/10 – Son gros début de saison (6 buts après la 8ème journée de Ligue 1) a compensé celui d’Ibrahimovic qui freinait l’équipe. Au fond du trou début 2016, personne n’aurait pensé qu’il marquerait un but ô combien important contre Chelsea. Mais voilà, on ne peut juger Cavani que sur ses buts car il n’apporte rien d’autre. 24 buts en 51 matchs reste un rendement tout juste correct, et on ne peut en aucun cas incriminer Ibra qui aimante la plupart des ballons car Cavani a les occasions, mais pas toujours la précision. C’est malheureusement la même chose depuis 3 ans.

Angel Di Maria 8,5/10 – Le détonateur de l’attaque parisienne a réalisé une saison tout simplement extraordinaire avec 15 buts et 24 passes décisives en 47 matchs. Cette saison record ne serait pas arrivée sans lui, il est à des années-lumière devant Lucas et Cavani en termes d’impact et d’efficacité.

Zlatan Ibrahimovic 9/10 – On a bien assez parlé de lui ces derniers temps, inutile d’en rajouter.

Laurent Blanc 5/10 – Gérer le vestiaire du Paris Saint-Germain et l’empêcher d’exploser n’est pas chose aisée. Aucun joueur n’accepte d’être remplaçant, il faut garder une rotation constante de l’effectif tout en alignant la meilleure équipe possible pour chaque match. Malgré les écarts de conduite de certains, Blanc a su gérer tout cela et amener son équipe à un nouveau quadruplé historique sur le plan national en battant des records en championnat. Mais le PSG souhaitait, ou plutôt devait franchir un cap en coupe d’Europe. Il ne l’a pas fait. Si les joueurs ont leur (grande) part de responsabilité dans cet échec, Blanc n’en reste pas moins le premier fautif avec un pari tactique totalement raté, et ce en dépit de conditions adéquates avec une avance conséquente en Ligue 1. Ayant grillé son dernier joker, l’ancien international français devra réussir une saison 2016/2017 presque parfaite.

Quel avenir pour le Paris SG ? Le roi Zlatan s’en va, libérant ainsi la place de mégastar au sein du club. Est-ce que le PSG doit (et peut) recruter un joueur du même calibre ? Ou faudrait-il se tourner vers un recrutement plus pragmatique et se concentrer sur le jeu avant tout ? Comment gérer les départs et les envies d’ailleurs de certains ?

Tout d’abord, la première question qu’on peut se poser est : que faire d’Alphonse Areola ? Auteur d’une excellente saison avec Villareal, le jeune portier (23 ans) ne souhaite pas être une doublure. Sous contrat jusqu’en 2019, il semble hautement improbable que Kevin Trapp ait de la concurrence l’an prochain. Le PSG n’a donc pas le choix : soit un nouveau prêt est négocié, soit c’est le transfert définitif. Le deuxième gardien pourrait être Nicolas Douchez, qui négocie actuellement une prolongation d’un an, ou un autre gardien qui accepterait ce rôle de remplaçant.

Paris cherche un arrière droit

S’il y a un poste où le PSG va sûrement devoir recruter, c’est celui d’arrière droit. Van der Wiel parti et Marquinhos répétant qu’il ne souhaite pas en faire son poste fixe, il est impératif de trouver un remplaçant, ou même un titulaire en puissance à la vue des prestations de fin de saison d’Aurier. Souvent cité comme potentielle recrue, Sébastien Corchia n’a pas caché son intérêt pour le PSG. Serait-ce un bon choix de la part de Paris ? Oui si l’on en croit… Thiago Silva ! Le capitaine de la capitale déclarait ceci au Parisien en février dernier : «Sébastien Corchia a beaucoup de qualités. Nous avons deux très bons latéraux à droite, Van der Wiel et Aurier. Si un des deux fait le choix de partir, je pense que si Paris veut acheter un joueur en France, c’est lui qu’il faut prendre»Étant donné qu’il faut au minimum 8 joueurs formés en France parmi les 23 sélectionnés pour la Champion’s League, être français peut représenter un réel atout.

Marquinhos intransférable et une recrue au milieu ?

En revanche, un chantier s’annonce au milieu de terrain. Pour composer son entrejeu, Paris pourra compter sur Thiago Motta et Marco Verratti, mais il serait étonnant qu’aucune piste ne soit étudiée pour le poste du vétéran italien. C’est là que les possibilités se multiplient. La solution la plus adéquate serait sûrement de basculer David Luiz au poste de sentinelle afin de libérer une place de titulaire pour Marquinhos, qui fait partie avec Verratti des deux joueurs que Paris doit à tout prix conserver. Cela pourrait aussi permettre au jeune Kimpembe, auteur de prestations encourageantes cette saison, de gagner en importance au sein de l’effectif parisien. Bien qu’auteur d’une énorme saison avec Marseille, la venue de Lassana Diarra risquerait de n’être qu’une solution à court terme et de rendre la gestion des joueurs susnommés infernale. Cependant, il ne serait pas étonnant de voir l’arrivée d’un milieu de terrain pour concurrencer, voire remplacer Blaise Matuidi, courtisé par Chelsea notamment. S’il fait partie des cadres du vestiaire, sa saison peu reluisante pourrait jouer en sa défaveur alors que le PSG sollicite quelques noms français, parmi lesquels N’Golo Kanté et Paul Pogba. Si le Turinois serait une recrue en or, la Juve ne serait pas encline à accepter une offre à moins de 100M€. Le jeune milieu portugais João Mário serait lui aussi dans le viseur du club de la capitale après une très grosse saison avec le Sporting Portugal, bien que Pogba resterait le seul à garantir une réelle plus-value. Il y a aussi le cas Adrien Rabiot dont on doute qu’il resterait au club si un milieu de terrain de ce genre venait à signer. Il n’en serait pas moins regrettable de le voir partir cet été sans avoir une dernière chance de s’affirmer au plus haut niveau. Il y a également Javier Pastore, qui a assuré rester à Paris cet été, qui pourrait s’installer pour de bon dans ce milieu triangulaire, à condition de ne plus être gêné par les blessures. Paris a des possibilités mais doit faire vite avant de ne plus avoir le choix.

Cavani remplace Ibra

En attaque, il est peu probable que le poste d’avant-centre échappe à Edinson Cavani, son agent ayant récemment balayé toute éventualité d’un départ et assurant que le PSG compte lui faire confiance. La piste Higuaín s’éloignant de jour en jour, seul Álvaro Morata pourrait faire de l’ombre à l’Uruguayen, mais de nombreux clubs (anglais notamment) se présenteraient déjà à sa porte. Toutefois, les noms se multiplient pour celui qui épaulerait Di Maria et Cavani devant. Ronaldo ayant récemment enterré les rumeurs autour de son avenir, Antoine Griezmann apparaîtrait comme un excellent choix pour évoluer sur l’aile droite, bien qu’il ne cache pas son désir de rester longtemps à l’Atlético. A moins d’un retournement de situation, Paris n’aura pas sa recrue colossale en la personne de Neymar, qui aurait pu prendre le flambeau d’Ibra. Il est à noter qu’en cas d’une arrivée particulièrement lourde, le départ de Lucas pourrait être précipité, lui qui serait frustré de sa situation où il n’apparaît pas comme la priorité de Laurent Blanc. Mais difficile de contester la vision des choses du coach. On a beaucoup parlé aussi d’Alexandre Lacazette, la fausse bonne idée. Jeune, français, dévoué au collectif, le Lyonnais n’a cependant pas évolué sur un côté depuis plusieurs années. Paris s’est déjà trompé en recrutant Cavani pour l’excentrer, on frôlerait la faute professionnelle en réitérant ce genre d’erreur. Son prix semble également excessif : plus de 40M€ pour un joueur qui ne jouerait pas à son poste ou qui ne serait que le remplaçant de Cavani. Si Lacazette a un immense potentiel, Paris n’a probablement pas la possibilité de l’exploiter.

En résumé, voici à quoi pourraient ressembler les grandes lignes du mercato estival parisien :

– Recruter un arrière droit

– Faire de la place à Marquinhos, envisager de sortir Motta du XI si nécessaire

– Trouver un renfort de poids au milieu, garder un œil sur les offres pour Matuidi et Rabiot

– Se débarasser de Bahebeck et Ongenda, peut-être prêter Augustin et donner sa chance à Odsonne Edouard

– Recruter un remplaçant à Cavani et un ailier droit (ou un joueur qui peut faire les deux en dernier recours)

En conclusion, est-ce que le PSG doit se forcer à recruter une mégastar pour remplacer Ibrahimovic ? Non, Zlatan a déjà fait le travail en 4 ans, Paris n’a plus besoin de ça pour se faire connaître. Paris a déjà ses stars (T.Silva, Verratti, Di Maria…) et c’est en construisant une grande équipe avec un recrutement intelligent que QSI atteindra enfin son objectif ultime, celui de gagner la Ligue des Champions.

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